Le porc au caramel est l’un des grands classiques de la cuisine vietnamienne, et il se prépare en une trentaine de minutes avec une simple sauteuse, un peu comme cet émincé de poulet au lait de coco et curry en 20 minutes. Sucré, salé et légèrement épicé, il accompagne très bien un bol de riz blanc. La difficulté tient surtout au caramel, qui peut vite virer au brun amer si on le laisse trop longtemps sur le feu.
Pour 4 personnes, comptez 15 minutes de préparation et 25 minutes de cuisson. Le principe est le suivant : on fait caraméliser le sucre, on saisit les morceaux de porc dedans, puis on les laisse mijoter avec la sauce soja, le nuoc-mâm et un peu d’eau chaude jusqu’à obtenir une sauce brillante qui nappe la viande.
Commencez par couper la viande en dés réguliers et par la mettre dans un saladier avec la sauce soja, le poivre et la moitié du gingembre. Laissez-la mariner pendant 10 minutes pendant que vous préparez le reste, ce temps suffit à bien imprégner les morceaux. Pendant ce temps, épluchez l’oignon et l’ail, puis émincez et écrasez-les.
Dans une sauteuse ou une casserole à fond épais, faites chauffer l’huile à feu moyen et ajoutez les morceaux de porc égouttés. Saisissez-les 3 à 4 minutes en les remuant, jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés sur toutes les faces, puis réservez-les dans une assiette. La viande ne doit pas être cuite à cœur à ce stade, elle finira de cuire dans la sauce.
Dans la même sauteuse, versez le sucre et les 2 cuillères d’eau froide. Faites chauffer à feu moyen sans remuer, en vous contentant de faire tourner la casserole de temps en temps. Le sucre fond, bouillonne, puis prend une teinte dorée qui passe ensuite à une couleur ambrée. Ce moment dure en général entre 4 et 6 minutes, et il ne faut pas quitter la casserole des yeux, car le caramel peut noircir en quelques secondes.
Dès que le caramel est ambré, retirez la casserole du feu et versez immédiatement les 4 cuillères d’eau chaude. Le mélange va projeter et siffler, c’est normal, et l’eau chaude évite le choc thermique qui provoquerait des éclaboussures brûlantes. Remettez ensuite sur feu doux jusqu’à ce que le caramel se dissolve complètement dans l’eau.
Caramel raté : le repère à surveiller
Un caramel qui sent le brûlé ou qui devient presque noir a dépassé le stade idéal et amènera une sauce amère. Dans ce cas, mieux vaut recommencer avec une nouvelle cuillère de sucre que de rattraper le goût. Un caramel trop pâle, en revanche, manque de goût mais reste utilisable en prolongeant un peu la cuisson de la sauce.
Une fois le caramel dissous, remettez les morceaux de porc dans la casserole et mélangez pour les enrober. Ajoutez la sauce nuoc-mâm, l’oignon, l’ail et le reste du gingembre, puis couvrez et laissez mijoter à feu doux pendant 20 à 25 minutes. Remuez de temps en temps, et ajoutez un peu d’eau si la sauce réduit trop vite. La viande est prête quand elle est tendre à l’intérieur et que la sauce est brillante et nappante.
Pour finir, retirez le couvercle, augmentez le feu quelques minutes si la sauce est trop liquide, puis parsemez de ciboule hachée et de poivre frais avant de servir.

Le choix de la coupe fait une vraie différence. L’échine reste la plus fondante après une longue cuisson, car son gras et son collagène se transforment pendant le mijotage. Le filet est plus tendre mais plus maigre, il faut alors le surveiller de près et réduire le temps de mijotage à 15 minutes environ.
Ne surchargez pas la sauteuse lors de la saisie. Si les morceaux sont entassés, ils rendent leur eau et bouillent au lieu de dorer. Mieux vaut saisir en deux fois que de tout mettre d’un coup. Pour la sauce, goûtez avant de servir, car la sauce soja et le nuoc-mâm n’ont pas la même force d’un fabricant à l’autre : ajustez avec une pincée de sucre si le goût est trop salé, ou une goutte de sauce soja si le goût manque de profondeur.
Le riz blanc reste l’accompagnement idéal, car il absorbe bien la sauce sans la masquer. Le riz basmati, cuit à l’eau avec une pincée de sel, donne des grains bien séparés et un parfum légèrement floral qui s’accorde avec le gingembre. Comptez environ 80 g de riz cru par personne.
Pour un repas plus complet, une salade de concombre fraîche ou quelques légumes sautés (haricots verts, carottes en julienne, brocolis) apportent du croquant et de l’acidité, ce qui équilibre bien le sucré du caramel. Un filet de jus de citron vert sur la salade fait le reste.

Le porc au caramel se conserve 2 à 3 jours au réfrigérateur dans un récipient fermé. Pour le réchauffer, utilisez une casserole à feu doux avec une cuillère d’eau, en remuant jusqu’à ce que la sauce redevienne fluide. Un passage au micro-ondes est possible, mais la viande a tendance à se dessécher et la sauce à se séparer. Il est en revanche déconseillé de le congeler, car la texture du porc devient filandreuse une fois décongelé.
Pour une version plus douce, on peut remplacer une partie du sucre par du miel, ce qui donne une sauce plus brillante (dans le même esprit que cette sauce pour magret de canard au miel). La version française, plus proche d’un porc sauté classique, se fait sans nuoc-mâm ni gingembre, avec un peu de vin blanc pour déglacer. La saveur est alors moins marquée, mais l’esprit caramélisé reste le même.